Messire Guillaume, tome 1 : Les contrées lointaines

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(Critique)

Guillaume supporte mal le joug de son beau-père, Messire Brifaut. Par une nuit sans étoile, veille du remariage de leur mère, sa sœur part secrètement en quête d’un père prétendument mort. Guillaume porté par de troubles et violents événements prend la route à son tour pour la rejoindre. Trois étranges mais bienveillants personnages vont constituer ses premières rencontres. Au premier rang desquels se trouve un drôle de chevalier qui n’est pas sans rappeler le Godefroy de Jean Reno. Sur ces fondations pour le moins classiques le scénariste Gwen de Bonneval, parsème son récit d’indices qui sont autant de pistes vers le surnaturel, de portes entrouvertes sur les univers du rêve et de la magie.

De son côté Matthieu Bonhomme, déjà connu pour les excellentes séries le Marquis d’Anaon et le voyage d’Esteban, ajoute pour Messire Guillaume, à son dessin précis et léger, un partis pris esthétique pour le moins surprenant. L’auteur fait se côtoyer un encrage traditionnel au service des contours et le trait épais d’un crayon. Survivance du crayonné préparatoire ou rajout postérieur, celui-ci fait délicatement apparaître ombres et textures, ou bien encore se met au service d’une perspective atmosphérique.

La touche finale est apportée par les couleurs de Walter dont on ne peut douter qu’elles n’aient été pensées par les trois compères. Walter n’use pour donner vie aux planches que d’une gamme restreinte de bruns et d’oranges, ne s’octroyant en contrepoint que quelques touches de couleurs complémentaires. le coloriste ne s’évade de ce canevas qu’en des circonstances ponctuelles, toujours porteuses de sens, telles ces pointes de rouges naturellement sanglante.

Chacun des trois artistes de se projet contribue à sa manière à imprégner le récit de Guillaume d’une douce poésie, à le porter aux frontières du conte. Sans faire preuve d’un iconoclasme irraisonné, chacun contribue à faire de cette bande dessinée une œuvre réellement originale et intéressante.

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