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(Humeur)

L’année deux mille seize se voit donc bien amorcée, puisqu’il en est fini du premier trimestre et que peuvent enfin tomber ces premières statistiques dont les médias inonderont le citoyen lambda, avec force commentaires de spécialistes autoproclamés ou de politiques dévoyés…

Ainsi votre serviteur sacrifie lui-aussi à ces quelques lignes, peut-être avec davantage de bile que de lucidité, mais pourquoi prétendrais-je à la vérité ? Au savoir pour tous…

Nous voici donc lancés, nous les p’tits céfrans perdus dans ce monde à présent bien indifférent, dans ces douze mois de primaires présidentielles et de championnat d’Europe des nations de football, voire de jeux olympiques, sponsorisés cette année par les produits dopants, les comptes offshore et l’hypocrisie habituelle…

Qu’en est-il de nos chers prétendants, de cette droite décomplexée, affamée même au vu de l’opprobre qui finit par gainer la silhouette abondamment retouchée, par les magazines de presse dite libre, de leur leader, à le plomber définitivement pour les prochaines échéances ? C’est qu’ils s’avèrent nombreux, les jeunes loups ! Toute une meute de sept à soixante-dix sept ans… De mis en examen sur le retour, incorrigible politicien toujours plus mûr et indéniablement changé, à vieil inéligible en son temps. Leur programme, mise à part l’application des critères de Bruxelles, au grand bonheur des Allemands et des Ricains, des multinationales et autres lobbys, consiste à aménager, quand ils ne disent pas supprimer, l’impôt sur la fortune. On sent des élus locaux – car bien souvent ils bénéficient de ce que l’on désigne comme un ancrage local – proche du peuple et soigneux dans la répartition des richesses…

Quant à leurs comparses de gauche, ces immondes sociaux-démocrates qui émargent au parti de la rose, les voici qui renoncent à modifier la constitution après avoir surfé des semaines sur le thème de la déchéance de nationalité… Pathétique ! Non pas qu’il fût souhaitable de donner dans cette guignolade, mais n’allons pas croire qu’ils n’avaient pas prévu de ne pas aller jusqu’au bout, qu’ils aient mal mesuré les difficultés d’une telle proposition : ils avaient prévu de reculer ou de s’abstenir, seulement, envieux du buzz, prêts à tout pour monopoliser de l’espace médiatique, ils se sont ouvertement foutus de la gueule de la population avant de tout laisser tomber… Aux oubliettes, comme le reste. Pourquoi donc, ne pas se servir jusqu’à l’écœurement de cette propension humaine à oublier puis recommencer sans cesse les mêmes erreurs, creuser sans cesse les mêmes travers ?

Et cette loi du travail, appât médiatique lancé à la curée d’un salariat désabusé, de syndicalistes exsangues, ou d’une jeunesse sacrifiée ?

Quand on assiste aux affligeantes gesticulations du premier ministre… Ce dangereux bouffon, avide de pouvoir, qui descend dans l’arène publique afin de fustiger et donner des leçons aux humoristes et aux sportifs… Et quelle action, quelle prise de position, face à ces violences policières sur des lycéens ou autres manifestants ?

Jeune de France : doutes-tu de la complicité politique quant à l’utilisation de stagiaires non rémunérés ? Doutes-tu de la volonté politique de voir des manifestants matraqués et des ardeurs ainsi refroidies ? Doutes-tu de l’absence de toute action quant à une meilleure répartition des richesses ? Doutes-tu de la partialité – même involontaire – d’une justice envers l’argent ? Doutes-tu du racket organisé par les banques, assurances et autres mutuelles ? Crois-tu que quelque acteur majeur de notre société se soucie de ton avenir autrement que par l’argent et l’éventuelle force de travail que tu pourras lui procurer ?

Comment peux-tu croiser un responsable politique, un grand patron ou un éminent journaliste sans lui cracher à la gueule ? Dis-moi ! Espères-tu la retraite, l’accès à la propriété et un leurre d’immortalité dans la reproduction ?

Prononce le mot « juif » et aussitôt l’holocauste et ses agents doubles mémoriels viendront te rappeler à l’ordre… Envisage la conservation d’un acquis d’après-guerre, issu lui-aussi d’une lutte résistante, et tu seras taxé au choix d’irresponsabilité, d’utopisme ou d’incompétence…

Comment ne pas leur fourrer au cul, tous ces aménagements, ces renoncements et même ces acquis encore inviolés et non pas réclamer, mais instaurer davantage ?

Désormais, il y a ces citoyens qui essaient de joindre les deux bouts de la nuit, place de la république, mais également en province… Et Frederic Lordon de prendre la parole, tandis que de grands médias inféodés au capitalisme social-démocrate ironisent déjà, comme s’ils espéraient tuer ce mouvement nouveau-né par le mépris, la condescendante et la dévalorisation.

N’oublions pas cependant l’événement majeur de cette année : à savoir l’Euro ! Le rêve footballistique et son cortège de sponsors, de merchandising, de publicités, de grandes valeurs morales, de journalistes, de spécialistes, d’amateurs, de récupérations politiques et j’en passe avant de vomir…

Nos braves forces de l’ordre s’entraînent déjà à réagir en cas d’attentat dans une fan zone et les militaires arpentent les gares tandis que les flics occupent davantage la rue… Certains s’avouent disposés à mourir pour leur patrie, mais ce n’est pas à leurs vies que j’en veux, plutôt à leurs dérives trop nombreuses, illégales et impunies… Comme celles des leaders politiques et financiers, me direz-vous…

Ainsi la menace terroriste s’invite et se voit considérée avec les honneurs, tapis rouge, interviews, reportages et débats la concernant. Limite on imagine le pays déçu à l’idée qu’aucune bombinette ne vienne perturber la fête…

Quelle vaste blague ! L’on constate aisément qu’il reste toujours aussi facile d’entretenir un climat de peur afin de manipuler des masses non-pensantes… Bien sûr que les attentats en aveugle sur des vies innocentes ont de quoi instiller l’effroi dans le cœur de tout à chacun, que les survivants ainsi que les familles de victime ont de quoi générer un traumatisme réel. Mais combien de morts ? Ajoutez les Belges, combien ? Maintenant, rappelez-moi le nombre de morts en deux-mille quinze des suites d’une obésité morbide, d’un accident de la route, d’un cancer, voire du froid ou de la faim ?

Pourquoi faire du terrorisme un événement majeur de ces derniers mois ? Pensez-vous que des groupuscules qui se voudraient haineux, guerriers, impitoyables et déterminés, au fanatisme religieux, ne souhaiteraient-ils pas – s’ils en avaient la possibilité – frapper infrastructures militaires ou défensives ? Pourquoi ne chercheraient-ils pas à faire vraiment mal ? Pourquoi se contentent-ils d’égratigner – ceci dit en terme statistique – des populations ?

Prenez le siècle dernier : combien de morts sous les bombardements et les balles européennes et américaines ? Combien de victimes du terrorisme ? Et ce toute mouvance confondue : qu’il soit politique, religieux ou économique…

Alors prenons la composante terroriste comme une dégueulasserie bien réelle d’une géopolitique actuelle : mais occulterons-nous la manière dont sont extraits les métaux rares nécessaires à la téléphonie, le pétrole à l’automobile, les ressources naturelles à l’Afrique, la main d’œuvre dans les pays pauvres, la privatisation de l’eau, le brevetage de semences, le commerce des médicaments, celui des pesticides, des déchets et autres ordures…

PS : Grâce à ce fils de pute de JCDecaux, qui engraisse en imposant aux yeux de tous publicités insérées au cœur de la cité, j’ai pu subir cette campagne de communication à l’intention de l’image notariale… Quatre-vingts pour-cents de ce que nous leur versons serait destiné à l’Etat ou aux collectivités locales, sous-entendu : ces miséreux notaires se content vraiment des quelques miettes alors qu’ils se dévouent à se sacrifier…

Cette pollution visuelle impromptue me permet de glisser une ligne sur certaines professions dites libérales… Prenons au hasard : médecins, avocats ou notaires… De ceux qui refusent tout effort économique, toute remise en cause de leurs tarifs prohibitifs. Les pauvres choux ! C’est à peine, selon eux, s’ils gagnent de quoi justifier leurs études et rembourser leurs frais… Braves enculés ! Nonobstant le fait que je n’ai pas le souvenir d’avoir piqué une tête, bu un grand vin ou consommé de la truffe du Périgord chez un smicard, il ne paraît pas illégitime de se demander ce que ferait la pléthore d’avocats, médecins et notaires sans service public de santé, ni couverture sociale, sans système judiciaire ou procédures administratives. Certes, la population y trouve son compte, prise en charge, aidée ou assistée… Mais nos braves professionnels demeureraient-ils aussi nombreux à se gaver sans la manne monétaire publique ?

Ceci dit, cela ne représente en rien une généralisation des corpus susnommés, pas plus qu’un jugement des êtres humains y officiant… La bise aux amis qui ont réussi leur médecine !

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